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Une victoire politique historique contre la chasse aux trophées

Une victoire politique historique contre la chasse aux trophées

Après plus de trois ans de mobilisation politique, citoyenne et associative, le Gouvernement a annoncé ce mardi 28 juillet, la fin de l’importation des trophées de chasse issus d’espèces menacées. C’est l’aboutissement d’un long travail de plaidoyer mené par Convergence Animaux Politique (CAP), aux côtés de son partenaire Humane World for Animals Europe.

Depuis plus de trois ans, nous avons mobilisé tous nos leviers d’actions politiques pour convaincre les parlementaires, faire émerger le sujet dans le débat public, interpeller le Gouvernement et aboutir à cette victoire politique historique. 

Malgré l’opposition du lobby de la chasse, qui a longtemps bénéficié d’une forme d’immunité politique, nous avons démontré qu’une mobilisation collective des ONG et des parlementaires, fondée sur des arguments scientifiques et portée par une stratégie de plaidoyer de long terme, peut faire évoluer le rapport de force politique. C’est une avancée politique concrète pour les animaux sauvages et la biodiversité. Mais c’est aussi un symbole fort contre le lobby de la chasse en France qui ouvre la voie à de nouvelles avancées en faveur des animaux.

Une pratique qui menace la biodiversité mondiale

La chasse aux trophées consiste à tuer des animaux sauvages, souvent des espèces emblématiques ou menacées, telles que les rhinocéros, guépards et ours polaires, afin d’en conserver tout ou partie du corps  (tête, peau, cornes ou défenses) comme trophée. 

Plus de 200 000 animaux sont victimes de cette pratique chaque année dans le monde. À l’heure de la sixième extinction de masse, cette activité contribue à détruire la biodiversité mondiale.

Les études disponibles montrent que moins de 0,4 % des revenus générés par la chasse aux trophées reviendraient réellement aux communautés locales, alors même que cette pratique de luxe est réservée à une minorité de chasseurs fortunés, qui participent à des safaris organisés par des agences spécialisées avec la complicité des gouvernements autorisant l’exportation et l’importation de ces trophées, notamment la France, sixième pays importateur en Europe

Entre 2013 et 2023, la France a autorisé l’importation de plus de 1 134 trophées issus de 42 espèces protégées par la CITES, parmi lesquels 297 léopards et 221 éléphants d’Afrique, deux espèces inscrites sur la liste rouge de l’UICN avec un risque élevé d’extinction. 

En partenariat avec Humane World for Animals Europe, Convergence Animaux Politique (CAP) s’est mobilisée pour mettre fin à l’importation de trophées de chasse d’espèces menacées en France

Trois ans de campagne de plaidoyer menée avec succès

Notre campagne de plaidoyer s’est déployée en trois grandes phases. La première phase nous a permis de faire émerger le sujet dans le débat politique, avec une mobilisation transpartisane inédite des parlementaires. La deuxième phase a consisté à élargir la coalition suite à la dissolution de l’Assemblée nationale et obtenir des avancées politiques ciblées pour faire monter le sujet dans l’opinion publique. Enfin, la troisième phase visait à interpeller directement le Gouvernement pour obtenir son soutien et ouvrir la voie à une action réglementaire. 

De novembre 2022 à juin 2024 : la construction d'une mobilisation parlementaire transpartisane inédite

Suite au lancement de la campagne en novembre 2022, nous avons multiplié les rendez-vous parlementaires pour trouver des relais politiques capables de porter ce sujet au Parlement.

Une première étape décisive est franchie grâce au travail mené avec la sénatrice Céline Boulay-Espéronnier. Le 26 mai 2023, elle dépose la première proposition de loi française visant à mettre fin à l’émission de permis d’importation de trophées de chasse issus d’espèces menacées. Quelques semaines plus tard, le 23 juin 2023, CAP et HWA obtiennent une première avancée politique avec l’adoption d’un amendement porté par la députée Sandra Regol qui vise à donner plus de moyens à la douane pour lutter contre l’importation illégale de trophées de chasse.

En parallèle, CAP ouvre la voie du dialogue avec le Gouvernement avec un rendez-vous avec le cabinet du Secrétariat d’État chargé de la Biodiversité le 23 mai 2023. C’est le premier d’une longue série d’échanges ministériels : au total, une dizaine de rendez-vous seront organisés avec le Gouvernement sur ce sujet.

Le 21 novembre 2023, la députée Sandra Regol dépose pour la première fois une proposition de loi à l’Assemblée nationale visant à interdire l’importation et l’exportation de trophées de chasse d’espèces protégées. Pour soutenir cette proposition de loi, CAP contribue à la publication d’une tribune collective dans Le Monde dans laquelle plus de 130 scientifiques, experts et ONG appellent les parlementaires à agir face à cette menace pour la biodiversité. 

Le 31 janvier 2024, la proposition de loi est mise à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et adoptée à la quasi-unanimité lors de son examen en commission du développement durable. Mais le débat démocratique est interrompu, faute de temps imparti dans le cadre de la niche parlementaire. Cette opportunité manquée retarde la victoire de plusieurs années, mais démontre le soutien croissant des parlementaires à notre proposition. 

Pour obtenir un nouveau débat démocratique, CAP lance alors une pétition citoyenne intitulée « Chasse aux trophées d’espèces menacées : pour un vote au Parlement ! » qui recueille plus de 50 000 signaturesLa dissolution de l’Assemblée nationale au lendemain des élections européennes marque un coup d’arrêt au travail parlementaire. S’ouvre alors une nouvelle phase de reconstruction et d’élargissement de la coalition.

De juillet 2024 à décembre 2025 : élargir et relancer la mobilisation

Suite à la recomposition de l’Assemblée nationale, plusieurs de nos alliés politiques perdent leur mandat et tous les travaux parlementaires en cours deviennent caducs. CAP part alors à la rencontre des nouveaux élus pour relancer la dynamique politique initiée précédemment, notamment avec le dépôt d’amendements et de questions au Gouvernement.

Au printemps 2025, le sujet revient à l’agenda grâce au soutien de deux alliés politiques historiques. Le 17 avril, la députée Sandra Regol dépose une nouvelle proposition de loi à l’Assemblée nationale. Avec le soutien de CAP, elle rassemble 81 députés co-signataires issus de 9 groupes politiques. Le 12 juin, le sénateur Yannick Jadot dépose à son tour une proposition de loi au Sénat pour soutenir cette initiative et faire monter le sujet politiquement.

A l’automne 2025, CAP s’empare du projet de loi de finances 2026 pour obtenir de nouvelles avancées politiques. Suite à l’organisation d’une rencontre entre ONG et parlementaires sur le volet budgétaire, CAP réussit à faire déposer plus d’une vingtaine d’amendements en faveur des animaux et de la biodiversité.

Le 22 octobre 2025, un premier amendement visant à taxer les importateurs de trophées d’espèces protégées est adopté en commission des finances. Puis, le 20 novembre 2025, l’Assemblée nationale adopte un second amendement visant à taxer les agences de voyage organisant des séjours de chasse aux trophées.

Si ces deux mesures sont finalement supprimées après l’utilisation du 49.3 par le Gouvernement, elles permettent de médiatiser plus largement le sujet, relayé par des chaînes d’info nationales, et de confirmer l’existence d’un consensus politique pour encadrer cette pratique.

De janvier à juillet 2026 : obtenir le soutien et l’action du Gouvernement

La fin du quinquennat approche et le calendrier parlementaire est saturé : obtenir un vote définitif sur une loi devient de plus en plus incertain. La voie réglementaire existe, et la France l’a déjà utilisée en 2015 pour interdire l’importation des trophées de lions. CAP réoriente alors sa stratégie de plaidoyer vers le Gouvernement, avec le soutien des parlementaires.

Après plusieurs rendez-vous ministériels et un courrier adressé au Gouvernement, une première avancée majeure intervient le 20 mars 2026. Dans un courrier officiel adressé à CAP, le ministre délégué chargé de la Transition écologique Mathieu Lefèvre indique qu’il est favorable à l’interdiction d’importer des trophées de chasse d’espèces menacées en France. Il confirme cette prise de position publiquement le 7 avril 2026 lors d’une audition parlementaire, après avoir été interrogé sur ce sujet par le sénateur Yannick Jadot à la demande de CAP.

Pour transformer ces mots en actes, CAP coordonne la publication d’une tribune transpartisane dans Reporterre soutenue par 50 parlementaires issus de 11 groupes politiques différents et organise un happening devant le ministère le 12 juin 2026, avec la participation de la députée Sandra Regol, du sénateur Yannick Jadot et de plusieurs associations. 

Cette action déclenche un rendez-vous immédiat avec la directrice de cabinet du ministre et marque une véritable accélération dans la prise de décision politique finale. Quelques jours plus tard, le ministre nous reçoit à son tour, puis le Premier Ministre, le 28 juillet 2026, pour annoncer la fin de l’importation des trophées de chasse d’espèces menacées en France.

Après plus de trois ans de campagne, une mobilisation parlementaire sans précédent et un dialogue constant et exigeant avec le Gouvernement, nous avons obtenu une nouvelle victoire politique historique. La France rejoint aujourd’hui d’autres pays européens ayant déjà adopté des mesures d’interdiction fortes comme la Belgique, les Pays-Bas et la Finlande. 

Enfin, CAP a accompagné le dépôt de deux propositions de résolution européenne à l’Assemblée nationale et au Sénat pour ouvrir la voie à une interdiction plus large au sein de l’Union européenne.

Une victoire collective pour les animaux sauvages et la biodiversité

Cette victoire, soutenue par 91% des français (IFOP 2023) n’aurait pas été possible sans la mobilisation de nombreux parlementaires qui ont accepté de porter ce combat au-delà des clivages politiques.

Nous remercions particulièrement la députée Sandra Regol et le sénateur Yannick Jadot pour leur engagement constant, ainsi que la députée Corinne Vignon et la sénatrice Céline Boulay-Espéronnier pour avoir contribué à faire émerger ce sujet au Parlement.

Nous remercions également tous les parlementaires ayant porté ou soutenu cette mobilisation, par le dépôt d’amendements ou de questions au Gouvernement, notamment la sénatrice Samantha Cazebonne, le sénateur Arnaud Bazin, les députés Anne Stambach-Terrenoir, Bastien Lachaud, Jean-Marc Zulesi, Eva Sas, Marie-Pierre Rixain, Michel Castellani, Olivier Falorni, Anne-Cécile Violland, Ian Boucard, Vincent Ledoux et d’autres. 

Cette victoire est aussi celle de nos ONG partenaires. Nous remercions chaleureusement Humane World for Animals Europe pour sa confiance et son engagement à nos côtés depuis le début de ce partenariat, ainsi que toutes les organisations qui ont contribué à la mobilisation collective : la Fondation Droit Animal Éthique et Sciences, QUATRE PATTES, la Fondation Brigitte Bardot, Jane Goodall Institute France et Born Free Foundation.

Enfin, nous adressons nos remerciements les plus sincères à toutes celles et ceux qui soutiennent notre action, donateurs, mécènes et bénévoles. Leur soutien constant permet à CAP de mener des campagnes de plaidoyer ambitieuses et de construire des victoires politiques concrètes.

Cette victoire est une avancée majeure pour les animaux sauvages. Elle démontre aussi notre capacité à faire évoluer le rapport de force politique, face à des intérêts puissants et longtemps protégés, et ouvre la voie à de nouvelles avancées politiques en faveur des animaux et de la biodiversité.

Votre soutien contribue à construire les victoires politiques de demain.

La campagne en résumé...