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Participez à la consultation publique contre la chasse aux trophées

Le 28 juillet 2026, après plus de trois ans de campagne menée par Convergence Animaux Politique (CAP) et Humane World for Animals Europe, le Gouvernement a annoncé sa décision de mettre fin à l’importation en France des trophées de chasse issus d’espèces menacées. C’est une victoire politique historique pour les animaux sauvages et la biodiversité, obtenue grâce à une mobilisation collective des associations et des parlementaires et à un travail de plaidoyer de long terme auprès des ministères.

Un projet d’arrêté est soumis à consultation publique afin de concrétiser cette décision. Cette étape est décisive : plus les contributions favorables seront nombreuses, plus le soutien à cette mesure sera visible et viendra renforcer sa légitimité. Face à l’opposition du lobby de la chasse, nous appelons les citoyens à se mobiliser massivement pour soutenir l’adoption définitive de cet arrêté. 

Comment participer à la consultation publique ?

La consultation est ouverte à toutes et à tous. Pour participer, rendez-vous sur la plateforme officielle du ministère de la Transition écologique, connectez-vous à votre compte (ou créez-en un si nécessaire), puis donnez votre avis sur le projet d’arrêté.

Cette étape d’identification est importante pour que votre contribution soit correctement enregistrée et prise en compte. Vous pouvez ensuite expliquer, avec vos propres mots, pourquoi vous soutenez cette interdiction, en vous appuyant sur les arguments ci-dessous :

  • les espèces concernées subissent déjà de multiples menaces et que la chasse aux trophées ajoute une pression supplémentaire évitable ;
  • le prélèvement des individus les plus recherchés peut perturber la reproduction et l’équilibre des populations ;
  • les bénéfices économiques pour les communautés locales sont limités et ne sont pas garantis ;
  • la chasse aux trophées ne permet pas de résoudre les causes profondes des conflits entre humains et animaux sauvages ;
  • d’autres activités économiques, notamment le tourisme d’observation, permettent de valoriser la présence d’animaux sauvages vivants ;
  • la France est légitime à décider de ne plus importer sur son territoire des trophées provenant des espèces les plus menacées ;
  • Cette mesure française doit constituer une première étape vers une approche harmonisée à l’échelle européenne.

Pourquoi interdire l’importation des trophées de chasse d’espèces menacées ?

Une pratique qui accentue les menaces sur la biodiversité

La chasse aux trophées est une activité commerciale dans laquelle des clients peuvent débourser plusieurs dizaines de milliers d’euros pour tuer des animaux sauvages et rapporter tout ou partie de leur corps (tête, peau, cornes ou défenses) comme trophée.

Parmi les espèces ciblées figurent notamment des éléphants, des rhinocéros, des lions, des léopards ou encore des ours polaires. Ces animaux sont pourtant confrontés à de multiples menaces : destruction et fragmentation des habitats, changement climatique, braconnage et déclin de certaines populations. La chasse aux trophées ajoute une pression supplémentaire et évitable sur ces espèces déjà fragilisées.

L’Union européenne figure parmi les principaux importateurs de trophées de chasse au monde, et la France est le sixième pays importateur au sein de l’Union européenne. En cessant d’importer des trophées issus des espèces les plus menacées, la France contribuerait à réduire la demande pour cette activité et à renforcer la protection de la biodiversité.

Des conséquences graves pour les populations animales

La logique même de la chasse aux trophées conduit à rechercher les animaux présentant les caractéristiques physiques les plus spectaculaires : grandes défenses, longues cornes, forte taille ou crinière imposante. Or ces caractéristiques peuvent être associées à des avantages reproductifs et jouer un rôle important dans la structure sociale des populations. L’élimination répétée de certains individus peut ainsi affecter la reproduction, les équilibres sociaux et la diversité génétique des populations concernées.

Cette pression est d’autant plus problématique que la rareté peut augmenter la valeur d’un trophée : les animaux appartenant à des espèces rares deviennent précisément les plus recherchés et les plus coûteux.

Par ailleurs, les quotas de chasse sont parfois établis à partir de données insuffisantes ou anciennes, tandis que les règles portant notamment sur l’âge des animaux ou les zones autorisées peuvent être mal respectées.

Des bénéfices économiques limités et inégalement répartis

L’industrie de la chasse aux trophées présente régulièrement cette activité comme une source de revenus pour les populations locales et un moyen de financer la conservation de la faune sauvage. Pourtant, ces retombées économiques sont loin d’être systématiques et leur répartition est très inégale. Dans les principaux pays africains autorisant la chasse aux trophées, cette activité ne représenterait en moyenne que 0,04 % du PIB. Selon certaines estimations, les communautés locales ne recevraient que 3 à 5 % des revenus générés, soit parfois environ 0,30 dollar par personne et par an.

Une part importante des recettes revient aux opérateurs de voyages de chasse, aux propriétaires fonciers et aux intermédiaires. De plus, les revenus de cette activité ne sont pas automatiquement réinvestis dans la protection des espèces et de leurs habitats.

À l’inverse, des activités économiques reposant sur la préservation des animaux sauvages vivants, notamment le tourisme d’observation lorsqu’il est correctement encadré, peuvent générer des revenus durables pour les communautés locales tout en favorisant la conservation.

Une réponse inadaptée aux conflits entre humains et animaux sauvages

La chasse aux trophées est parfois justifiée comme un moyen de réduire les conflits entre les populations humaines et la faune sauvage. Ces conflits résultent pourtant principalement de causes structurelles : destruction des habitats naturels, extension des activités humaines, concurrence pour l’accès à l’eau et aux ressources ou prédation sur les animaux d’élevage.

La chasse aux trophées ne résout pas ces problèmes de fond. Dans certaines situations, la suppression d’individus peut même désorganiser les groupes sociaux et modifier les déplacements des animaux, avec le risque d’aggraver certaines interactions avec les populations humaines. La prévention des conflits nécessite avant tout des solutions durables, adaptées aux espèces et aux territoires concernés, favorisant la coexistence entre humains et animaux sauvages.

Une première étape vers une interdiction européenne

L’interdiction des importations ne revient pas à imposer aux pays d’origine leur politique de gestion de la faune sauvage. Il s’agit pour la France de décider quels trophées de chasse elle accepte ou non sur son territoire. La mesure envisagée cible les trophées issus des espèces couvertes par le projet d’arrêté. Elle n’interdirait donc pas toutes les importations de trophées de chasse, ni la pratique de la chasse à l’étranger lorsqu’elle est légalement autorisée.

Plusieurs pays européens, notamment la Belgique, les Pays-Bas et la Finlande, ont déjà adopté des restrictions sur l’importation de trophées de chasse.

Cette avancée française doit désormais ouvrir la voie à une action coordonnée au niveau européen, afin de renforcer son efficacité et de limiter le risque d’un déplacement des importations vers d’autres États membres.

Votre soutien est décisif pour transformer cette victoire politique en interdiction effective

Après trois années de mobilisation, l’interdiction de l’importation des trophées de chasse issus d’espèces menacées est désormais à portée de main. Mais l’annonce du Gouvernement ne suffit pas : elle doit encore se traduire par l’adoption définitive de l’arrêté.

Votre participation à la consultation publique est essentielle pour faire entendre le soutien des citoyens à cette mesure. Ensemble, faisons de cette victoire politique une avancée concrète pour la protection des animaux sauvages !

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