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Protection animale : un pari politique gagnant pour 2027

Alors que les reculs législatifs sur le bien-être animal se multiplient sous la pression des lobbies de l’agro-industrie, CAP a réuni 15 ONG et une trentaine de décideurs politiques le mercredi 17 juin à Paris, pour identifier les priorités d’action sur les grands enjeux de la condition animale :  élevage et alimentation, animaux sauvages et biodiversité, expérimentation animale, animaux de compagnie, captivité et corrida. Découvrez le résumé de l’événement en images !

Parmi eux se trouvaient notamment les députés Anne Stambach-Terrenoir (LFI) et Aymeric Caron (REV – LFI), les collaborateurs des sénateurs Yannick Jadot et Florence Blatrix Contat, le collaborateur de la députée Lisa Belluco, Aminata Niakaté, adjointe au maire de Paris chargée de la condition animale, Sylvain Maschino, co-responsable de la commission condition animale des Écologistes et Manon Thore, Responsable adjointe de la division biodiversité et animal en ville – Agence d’ecologie Urbaine – Mairie de Paris.

De nombreux élus locaux également aussi présents : Catherine Dehay, adjointe au maire de Montreuil, Sandrine Feuillet, conseillère municipale de Saint-Ouen, Xavier Landrin, conseiller municipal de Sceaux, Sylvie Pulido, conseillère municipale du 18ème arrondissement de Paris, Sophie Rigard, adjointe au maire de Saint Denis.

La participation de Marine Tondelier, candidate des Écologistes, à cet événement envoie un signal politique fort et ouvre la voie à une mobilisation plus large des candidats.

Parmi les enjeux politiques évoqués :

Après son adoption à l’Assemblée nationale le mois dernier, le Projet de loi d’urgence agricole sera débattu au Sénat à partir du 29 juin avant la tenue d’une commission mixte paritaire (CMP) le 16 juillet prochain. 

Après avoir mobilisé les députés le mois dernier, c’est notre dernière chance de faire bouger les lignes politiques pour éviter un grave recul pour la protection des animaux et de la biodiversité, notamment avec l’article 17 qui veut sortir les élevages du cadre environnemental et du contrôle démocratique. Concrètement, cela signifie que les règles ICPE qui encadrent aujourd’hui les impacts des élevages sur l’environnement et la santé pourraient être allégées ou modifiées directement par le gouvernement, sans débat démocratique au Parlement. 

L’alimentation végétale constitue un levier majeur pour améliorer le bien-être animal, la santé publique et réduire significativement notre empreinte carbone. À l’occasion de cette 20ème rencontre, l’Association Végétarienne de France a présenté ses propositions pour développer une véritable stratégie nationale en faveur des alternatives végétales, notamment dans la restauration collective. De son côté, TransiTerra a défendu des mesures visant à accompagner les éleveurs souhaitant se reconvertir vers des productions végétales, afin de favoriser une transition agricole juste et durable.

Près de 600 000 chiens et des milliers de chats souffrent de maladies et de malformations causées par des sélections génétiques privilégiant l’apparence au détriment de leur santé. Après six mois de travail de fond avec nos partenaires QUATRE PATTES et Animal Cross, nous avons coordonné le dépôt d’une proposition de loi portée par le sénateur Daniel Salmon visant à interdire l’élevage d’animaux de compagnie présentant des malformations génétiques. Nous travaillons désormais à inscrire ce texte à l’ordre du jour du Sénat avant la fin de l’année 2026. 

Depuis trois ans, CAP et Humane World for Animals Europe portent une campagne visant à interdire l’importation de trophées de chasse d’espèces menacées. Après plusieurs avancées majeures (3 propositions de loi, 2 propositions de résolution européennes, soutien public du ministre de la Transition écologique, adoption de deux amendements lors de l’examen du projet de loi de finances et tribune transpartisane signée par 50 parlementaires), le Gouvernement reconnaît désormais la faisabilité d’une mesure réglementaire. Avec le soutien des parlementaires, nous poursuivons notre mobilisation afin d’obtenir cette avancée avant la fin du quinquennat. 

Après l’abaissement de son statut de protection en Europe, le loup est confronté à un nouveau recul en France. L’article 14 du projet de loi d’urgence agricole, déjà voté à l’Assemblée, privilégie les tirs de destruction au détriment des mesures de prévention et de coexistence. Pourtant, les études scientifiques montrent que les mesures de protection (clôtures, chiens de protection, gardiennage…) sont les plus efficaces pour limiter les attaques, tandis que la multiplication des tirs peut disperser les meutes et, paradoxalement, accroître les prédations sur les troupeaux voisins. Alors que la population de loups stagne en France (1 082 loups en 2025), cette évolution représente une menace directe pour la conservation de l’espèce. 

Chaque année en France, plus de 2 millions d’animaux sont utilisés à des fins scientifiques alors que des méthodes alternatives existent et se développent rapidement. Notre partenaire Animal Testing s’est tenu à la disposition des parlementaires pour répondre à leurs questions sur ce sujet technique et présenter des leviers d’action concrets, tels que le développement des méthodes substitutives ou encore la publication des résultats négatifs des expérimentations animales afin d’éviter leur répétition inutile. 

Alors que la fermeture de Marineland et l’avenir de ses cétacés placent l‘application de la loi de 2021 contre la maltraitance animale au cœur de l’actualité, nous sommes mobilisés aux côtés de Code Animal, QUATRE PATTES et AVES pour garantir sa mise en œuvre sans en trahir l’esprit, tant pour les delphinariums que pour les cirques itinérants. En parallèle, avec le COLBAC, nous poursuivons notre travail de plaidoyer auprès des parlementaires afin d’obtenir l’abolition de la corrida, qui continue de bénéficier d’une dérogation au droit commun de la protection animale. 

Suite à cette 20ème rencontre CAP, les décideurs politiques et les ONG vont mener de nouvelles actions politiques en 2026 pour faire évoluer la loi en faveur des animaux : questions au gouvernement, propositions de loi et amendements, actions de mobilisation, etc.

En conclusion, Melvin Josse, directeur de CAP, a rappelé que “malgré un contexte politique chargé, la protection animale reste une priorité pour les Français, qui le rappellent à chaque sondage ; ce sujet transversal est non seulement compatible avec d’autres priorités, mais il sert aussi les objectifs de transition écologique, de santé publique, de protection de l’enfance et de compétitivité de la France.” 

Dans le cadre de la campagne présidentielle, les candidats et les partis ont l’opportunité de proposer des mesures concrètes pour les animaux, auxquelles les Français sont massivement favorables. C’est pourquoi CAP prépare une nouvelle campagne de mobilisation, avec une coalition de 30 ONG, pour mettre les animaux au cœur du débat en 2027.