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CAP sur 2026 : les enjeux clés de l’année

Après ses 10 victoires politiques obtenues en 2025, Convergence Animaux Politique (CAP) aborde cette nouvelle année avec une feuille de route ambitieuse et stratégique. Dernière année du quinquennat, 2026 constitue un moment charnière pour consolider les acquis, empêcher les régressions législatives ou symboliques et préparer les échéances électorales de 2027.

Soutenue par 23 ONG partenaires, CAP déploiera son action autour de 10 priorités structurantes, avec un objectif clair : maintenir les enjeux de protection animale à l’agenda politique et développer de nouveaux narratifs afin de favoriser leur appropriation par l’ensemble du spectre politique.

Parmi les grands enjeux de l’année :

En 2026, CAP poursuivra son travail de lobbying politique sur les formes les plus intensives d’élevage, en particulier les turbo-poulets, issus de sélections génétiques favorisant une croissance excessivement rapide, à l’origine de graves problèmes de santé. Cette souche représente aujourd’hui l’écrasante majorité des poulets élevés dans les systèmes intensifs.

Cette action reposera sur une dynamique collective structurée. Dès début 2026, CAP organisera une matinée de travail réunissant des associations expertes et la journaliste Axelle Playoust-Braure qui publiera prochainement un livre enquête sur le sujet afin de partager les travaux existants et définir les priorités d’action. En fonction du niveau de mobilisation, CAP coordonnera également la structuration d’un groupe de travail pérenne, en lien avec des organisations telles que CIWF France, la LFDA, QUATRE PATTES et d’autres acteurs volontaires, afin de renforcer le poids du plaidoyer associatif, et le travail mené par les associations auprès du grand public et des producteurs, notamment dans le cadre de l’European Chicken Commitment (ECC).

Présenté comme une solution d’avenir, l’élevage d’insectes s’avère économiquement fragile, écologiquement controversé et fortement dépendant des financements publics, alors que seulement 5 % de la production est destinée à l’alimentation humaine. Ce secteur a d’ailleurs récemment fait l’objet d’une forte attention médiatique, suite à une enquête publiée par Vakita, diffusée sur plusieurs chaînes d’infos, mettant en lumière ses impacts néfastes sur l’environnement. 

Notre action politique vise à sensibiliser les parlementaires et le Gouvernement sur cet enjeu, afin de stopper l’allocation de fonds publics vers cette industrie, et plutôt travailler à orienter les financements publics vers la production d’alternatives plus durables comme les légumineuses, en partenariat notamment avec l’AVF.

En France, entre 500 000 et 1 million de renards sont tués chaque année, par tir, piégeage ou déterrage, du fait de leur classement parmi les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) dans 88 départements. Pourtant, de nombreux travaux scientifiques soulignent leur rôle écologique et sanitaire majeur, remettant largement en cause la justification du classement actuel.

Depuis début 2026, nous accompagnons sur le volet politique la campagne de mobilisation « Stoppons le Massacre » avec notre partenaire Focale pour le Sauvage. Soutenue par une coalition de 9 ONG, elle se déploie sur les réseaux sociaux, dans les médias et au Parlement, à travers une pétition déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale ayant déjà recueilli plus de 20 000 signatures, le dépôt de questions au Gouvernement, l’organisation d’une exposition photo à l’Assemblée nationale pour sensibiliser et mobiliser les députés, ainsi que la demande d’ouverture d’une mission d’information. L’obtention de cette première victoire politique ouvrirait une brèche majeure dans un dispositif réglementaire reconduit tous les trois ans sans étude scientifique préalable.

En France, des centaines de milliers de chiens de race souffrent de maladies héréditaires évitables, conséquences directes d’une sélection génétique où l’esthétique prime sur la santé. Les hypertypes, traits morphologiques poussés à l’extrême, entraînent des souffrances chroniques et des risques accrus de consanguinité. 

Aux côtés d’Animal Cross et de QUATRE PATTES, et en concertation avec le syndicat des vétérinaires et les éleveurs, CAP portera en 2026 le dépôt d’une proposition de loi au Sénat visant à encadrer strictement la sélection génétique et à mettre fin à cette maltraitance programmée, en plaçant enfin la santé des animaux de compagnie au cœur du droit.

Après une première proposition de loi adoptée en commission à l’Assemblée nationale, deux nouvelles propositions de loi déposées à l’Assemblée (co-signée par plus de 82 parlementaires) et au Sénat, plusieurs amendements adoptés dans le cadre du Projet de loi de Finances (PLF) 2026, et de nombreux rendez-vous ministériels concluants, l’objectif pour cette année est clair avec notre partenaire Humane World for Animals Europe : inscrire le texte à l’ordre du jour et obtenir un vote en 2026. Il est désormais impératif qu’un sujet aussi consensuel et politiquement mûr puisse enfin aboutir cette année.

La France est aujourd’hui le 6ᵉ importateur européen de trophées de chasse d’espèces protégées. Il est urgent de mettre fin à la délivrance de permis d’importation pour des trophées issus d’espèces menacées. Les Pays-Bas, la Finlande et la Belgique ont déjà franchi ce pas. Vous pouvez nous aider à faire adopter la même loi en France cette année, en rejoignant les 45 000 personnes qui ont déjà signé notre pétition.

La Loi d’orientation et d’avenir agricoles, qui sera débattue au Sénat en 2025, devra répondre à cette urgence. Lors de son examen à l’Assemblée nationale en mai 2024, CAP avait participé à la réintroduction d’objectifs clés pour la transition alimentaire (10% de surfaces agricoles dédiées aux légumineuses) et fait déposer 24 amendements au total. Nous allons poursuivre nos efforts sur ce texte afin de lutter contre de nouveaux reculs possibles en matière de bien-être animal tout en encourageant la transition vers un modèle plus durable : moratoire sur l’élevage intensif de saumons, réduction du cheptel, mise en place d’un plan d’accompagnement des éleveurs vers des productions alternatives, interdiction de l’élevage en cage, etc. 

À l’approche de la révision du règlement européen REACH, CAP déploie en 2026 un plaidoyer actif afin d’éviter que ce processus n’entraîne une augmentation des expérimentations animales. Certaines orientations envisagées pourraient en effet générer de nouvelles obligations de tests, au détriment des animaux, sans bénéfice démontré pour la sécurité sanitaire ou environnementale. 

CAP travaille à peser sur la position française dans les discussions européennes, en défendant une approche fondée sur le recours prioritaire aux méthodes alternatives, aujourd’hui opérationnelles et reconnues, qui permettent de concilier protection de la santé, de l’environnement et réduction du recours à l’expérimentation animale. Nous allons aussi tenter de faire déposer une proposition de résolution européenne au Parlement français sur le sujet.

Depuis plusieurs mois, nous travaillons sur une proposition de loi transpartisane portée par la députée Anne Stambach-Terrenoir dont l’objectif est d’obtenir un moratoire en France pour désamorcer cette industrie en pleine expansion. L’objectif pour 2025 est d’inscrire à l’ordre du jour cette proposition à l’Assemblée nationale et travailler afin qu’elle soit surtout adoptée, malgré un contexte politique particulièrement instable. 

Après une première édition réussie en 2024 ayant réuni 53 ONG issues de 11 pays européens, CAP organise en 2026 la seconde édition de l’ICAP – International Conference for Animals in Politics. Ce séminaire international vise à renforcer la coopération transnationale entre ONG de protection animale, en créant un espace structurant de partage d’expériences, d’analyses et de stratégies de plaidoyer. Pensé comme un lieu d’apprentissage mutuel, l’ICAP permet d’analyser collectivement les réussites comme les échecs politiques, de croiser les problématiques rencontrées à l’échelle nationale et d’identifier de nouveaux axes d’action. En favorisant l’harmonisation des pratiques et la mise en réseau des acteurs engagés, l’ICAP contribue à accroître l’influence collective des ONG au niveau européen et international.

Lors d’un événement dédié à la condition des animaux captifs en juin prochain, nous serons en mesure de faire un point d’étape sur les nombreuses échéances, notamment concernant la publication des décrets d’application attendus. L’objectif sera également de mobiliser les parlementaires afin qu’ils agissent en faveur de l’application de la loi et qu’ils fassent pression sur le Gouvernement

Depuis 2024, nous menons un travail parlementaire avec notre partenaire Seastemik pour décréter un moratoire sur les fermes usines terrestres de saumons en France. Ce travail a permis le dépôt d’une proposition de loi transpartisane, co-signée par près d’une centaine de députés, mais aussi l’adoption d’un amendement en commission des affaires économiques lors de l’examen de la loi Duplomb, preuve qu’une majorité peut se dégager sur le sujet. 

En 2026, l’enjeu est désormais d’obtenir l’inscription de ce texte à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, afin de permettre son examen et son vote, et ainsi stopper cette industrie en pleine expansion.

Chaque année, les discussions autour du budget de l’État offrent aux ONG une opportunité stratégique pour financer la protection animale et environnementale. Lors du PLF 2026, CAP a fait déposer 42 amendements pour ses ONG partenaires, dont 3 ont été adoptés sur la chasse aux trophées d’espèces menacées et la captivité. 

Si le recours à l’article 49.3 a finalement annulé ces avancées, elles témoignent néanmoins de notre capacité à faire émerger des priorités claires et à construire des consensus au sein du débat budgétaire. Parallèlement, CAP se mobilise depuis plusieurs années contre les amendements bâillons, qui visent à fragiliser le tissu associatif en remettant en cause ses avantages fiscaux.

L’année 2026 constitue un moment stratégique pour renforcer la place de la protection animale dans le débat politique, en amont des élections de 2027. A cette fin, CAP déploiera une nouvelle campagne d’engagement dédiée à ce rendez-vous majeur de la vie politique française, dans la continuité des campagnes Engagement Animaux menées en 2022 et 2024. Cette mobilisation interassociative visera à engager les candidats sur des mesures prioritaires pour le bien-être animal, inscrire la protection animale dans l’espace politique et médiatique, et préparer activement le prochain quinquennat avec de nouveaux contacts privilégiés.

Face à des lobbies puissants et solidement organisés, notamment dans la chasse et l’élevage intensif, les intérêts économiques continuent de primer sur la protection des animaux. L’annonce récente d’un projet de loi agricole d’urgence par Sébastien Lecornu, avec un angle d’attaque assumé sur la prédation du loup, illustre une nouvelle fois cette logique de recul. Nous mènerons un travail de lobbying déterminé pour empêcher toute régression, défendre une approche fondée sur les données scientifiques et garantir que la protection de la faune sauvage ne serve pas de variable d’ajustement aux pressions sectorielles.

Dans un contexte politique instable, marqué par la montée de forces hostiles à la condition animale, rééquilibrer le rapport de force est indispensable. C’est le sens de l’action de CAP : faire entrer durablement la protection des animaux dans les décisions politiques. Votre soutien est déterminant pour transformer ce rapport de force en victoires concrètes. Rejoignez-nous.