Lobbying relationnel

Depuis septembre 2017 et la première rentrée parlementaire, nous avons obtenu plus de 130 rendez-vous avec des députés et sénateurs, ainsi que des membres de l’exécutif et de l’administration. Beaucoup d’entre eux sont devenus des interlocuteurs réguliers et font appel à nous lorsqu’ils traitent des problématiques liées aux animaux. Un grand nombre, après que nous les ayons rencontrés et qu’ils soient venus à nos évènements, s’est de plus en plus mobilisé sur ces questions. Certains, qui n’avaient rien entrepris sur ce thème avant notre rencontre, sont devenus très actifs.

Nous avons également mis en relation de nombreux parlementaires et associations à la demande de l’une ou l’autre partie dans le cadre de rendez-vous individuels, de visites à destinations des politiques (nous avons notamment organisé la visite d’un laboratoire travaillant sur des méthodes alternatives à l’expérimentation animale et la visite d’un refuge pour chiens et chats), de co-signatures de tribunes, ou de demandes d’expertise ou de soutien. Nous avons aussi mis en lien des parlementaires entre eux lorsque ceux-ci souhaitaient joindre leurs forces pour défendre la condition animale. C’est ainsi que nous avions réuni l’année dernière une dizaine de sénateurs et sénatrices sympathisants, issus de tous les groupes parlementaires, en vue de permettre la création d’un groupe d’études au Sénat. Ce travail de mobilisation a porté ses fruits puisqu’un groupe de travail nommé « Animal et société », présidé par Arnaud Bazin, a pu voir le jour au sein du groupe d’études Élevage.

CAP a participé au groupe de travail organisé par le ministère de la Transition écologique et solidaire sur la faune sauvage captive, étant présent aux réunions, mais aussi en faisant, à la demande du ministère, la synthèse des attentes des associations partenaires de CAP qui n’étaient pas invitées aux réunions.

Enfin, nous avons mis en place une newsletter à destination des parlementaires pour mettre en avant le travail des associations et susciter des initiatives de la part des politiques, avec succès (questions écrites déposées, courriers envoyés par des parlementaires à des membres du gouvernement…).

Notons que notre travail de mobilisation et de mise en lien des politiques contribue à mettre en place un cercle vertueux, par lequel plus certains parlementaires prennent clairement position sur nos sujets, plus d’autres osent le faire. Ainsi, jamais nous n’avions vu autant d’entre eux défendre, en paroles (ce qui permet de normaliser et légitimer nos demandes dans la sphère politique) ou en actes, les animaux. 121 parlementaires qui co-signent une proposition de loi sur la fourrure ce printemps, 85 qui signent une tribune pour appeler à une action forte sur le bien-être animal l’année dernière, 240 qui s’engagent via un appel publié dans les médias à déposer une proposition de loi contre les abandons ce mois de juin… Autant d’évènements que personne n’aurait osé imaginer il y a encore deux ans et qui sont rendus possibles par l’évolution des mentalités, la pression de l’opinion publique et le concours de l’action de CAP et des associations auprès des parlementaires.

Législation

CAP a suscité et participé à l’élaboration de nombreuses propositions de loi et questions au gouvernement déposées par des parlementaires, ainsi qu’au travail de réflexion en vue d’amendements dans le cadre de projets de loi (création de l’Office français de la biodiversité, orientation des mobilités, école de la confiance…).

Durant l’année 2, nous avons notamment initié une proposition de loi pour l’interdiction du commerce et de l’importation de la fourrure, signée par 121 députés (ce qui est historique), ou encore sur l’interdiction des spectacles de montreurs d’ours et de loups. Deux initiatives qui permettent de maintenir la pression au moment où le ministère de la Transition écologique et solidaire réfléchit à des réformes concernant la faune sauvage captive. Nous travaillons également avec un groupe de députés à l’élaboration d’une proposition de loi généraliste sur la condition animale et à la constitution d’une proposition de loi contre la maltraitance animale.

De très nombreuses questions au gouvernement posées par des parlementaires proviennent, directement ou indirectement, de l’action de CAP : chasse, fourrure, centres de faune sauvage, captivité, animaux de compagnie, élevage… Les évènements que nous organisons sont également une source d’inspiration pour les parlementaires à cet égard et nous leur remettons à ces occasions des dossiers avec des propositions en ce sens.

Accompagnement des associations

Nous aidons les associations et les parlementaires à la rédaction de propositions de loi, d’amendements ou de questions (accompagnement dans la traduction politique des demandes des associations). Le fonctionnement institutionnel peut être opaque et les politiques ont des attentes en termes de supports d’aide à la décision qui sont très différentes de celles des interlocuteurs habituels des associations, c’est pourquoi CAP accompagne ces dernières dans l’élaboration d’une communication adaptée aux parlementaires. Aussi, nous assistons les associations dans la définition concertée de leurs revendications prioritaires et secondaires et fournissons notamment un suivi et un soutien sur le travail d’élaboration de fiches synthétiques à l’usage des décideurs.

Par ailleurs, nous réalisons quotidiennement une veille politique (questions, propositions de loi, projets de loi…), médiatique et associative à destination des associations.

Évènements

Les évènements organisés par CAP réunissent associations et parlementaires. En général, une trentaine de politiques et collaborateurs parlementaires sont présents. Deux rencontres thématiques ont été organisées cette année : un évènement portant sur la Déclaration universelle des droits de l’animal, la mise en place d’un étiquetage Bien-Être Animal et les animaux tenus en captivité, et une rencontre portant sur l’expérimentation animale et sur la personnalité juridique des animaux.

CAP a aussi organisé un événement type « networking ». Ce nouveau format a réuni associations et parlementaires en petits groupes de travail, afin de discuter de toutes les grandes thématiques de la condition animale : animaux de compagnie, animaux d’élevage, alimentation, animaux utilisés pour les spectacles, animaux sauvages, expérimentation et éducation. Cela a permis aux associations et aux politiques d’échanger en profondeur sur les sujets. Les politiques ont pu passer de table en table pour avoir une vue générale sur les demandes principales des associations partenaires de CAP et poser toutes leurs questions. Ceci est l’occasion de nouer de premiers contacts qui permettront des rendez-vous plus approfondis entre certaines associations et parlementaires en vue d’actions concrètes.